Assurance maladie : des pistes pour économiser 2 milliards d’euros

Pour économiser 1,94 milliard d’euros avant 2018 (sur les 4 milliards recommandés par la Cour des Comptes), la Cnam propose plusieurs pistes : privilégier la chirurgie ambulatoire, promouvoir les médicaments génériques, limiter les transports en ambulance…
Le couperet vient tout juste de tomber : ce jeudi 29 juin 2017, les Sages de la Cour des Comptes ont rendu leur rapport concernant les dépenses de santé en France.

Et, on s’en doute, le bilan n’est pas fameux : d’après les experts, en 2018, les dépenses vont encore augmenter de 900 millions d’euros – une hausse notamment liée à la nouvelle convention médicale (votée en août 2016, qui régit les rapports entre les médecins libéraux et l’Assurance Maladie) et à la revalorisation des carrières dans la fonction publique hospitalière (votée en mai 2016).

Une seule solution pour tenir le rythme : se serrer la ceinture. Plus précisément, la Cour des Comptes affirme que 4 milliards d’euros d’économies seront nécessaires avant 2018.

Pour atteindre cet objectif impressionnant, le directeur de la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam), Nicolas Revel, vient de proposer un plan qui permettrait déjà d’économiser 1,94 milliard d’euros, soit 300 millions de plus qu’en 2016.

Chirurgie ambulatoire, médicaments génériques, chasse aux fraudeurs

Plusieurs pistes sont évoquées : primo, privilégier la chirurgie ambulatoire, c’est-à-dire un mode de prise en charge des patients qui raccourcit le temps d’hospitalisation à une seule journée uniquement – concrètement, le patient passe moins de 12 heures à l’hôpital. Actuellement, en France, 4 opérations sur 10 se déroulent en ambulatoire. Ce « virage ambulatoire » permettrait déjà une économie de 470 millions d’euros en 2018.

Deuxième idée : mieux rémunérer les actes chirurgicaux ou de kinésithérapie pour les patients bénéficiant d’une prothèse de hanche. L’idée est toute simple : il s’agit « d’encourager des meilleures pratiques pour éviter une ré-hospitalisation des patients », ce qui coûte cher à la Sécurité Sociale.

La promotion des médicaments génériques devrait aussi se poursuivre, pour une économie qui devrait atteindre 150 millions d’euros en 2018. La Cnam suggère également de limiter les transports en ambulance en favorisant les taxis ou les transports collectifs : encore 160 millions d’euros d’économisés. Enfin, la chasse aux fraudeurs (aussi bien parmi les médecins que parmi les patients) devrait se durcir afin d’économiser 210 millions d’euros supplémentaires.

Source : topsante.com