Assurance maladie: les exemples allemand, espagnol, britannique et suédois

Gratuité des soins pour une large frange de la population, tarifs réglementés, dépassements d’honoraires interdits: exemples de systèmes publics de santé dont bénéficient les Espagnols, Allemands, Suédois et Britanniques.

Paris, 30 sept 2015 (AFP) – Gratuité des soins pour une large frange de la population, tarifs réglementés, dépassements d’honoraires interdits: exemples de systèmes publics de santé dont bénéficient les Espagnols, Allemands, Suédois et Britanniques.

– Espagne: système décentralisé

Droit à la protection sociale garanti pour tous.

Sont couverts les salariés, travailleurs indépendants, retraités, chômeurs, sans-papiers mineurs et sans-papiers majeurs (seulement en cas d’urgence ou de grossesse). Ainsi que le conjoint et les enfants d’une personne affiliée à la Sécu.

Prévention, diagnostic, traitement et rééducation sont assurés dans des centres de santé auxquels l’assuré est rattaché selon son domicile. Le patient ne débourse rien. Il paye une participation (de zéro à 60%) sur les médicaments et l’orthopédie en fonction de ses revenus.

Les frais dentaires ou l’optique ne sont pas couverts.

Ceux qui le peuvent souscrivent une assurance de santé privée pour avoir accès plus rapidement à des spécialistes, les délais dans le système public pouvant atteindre plusieurs semaines, même en cas d’urgence.

En 2014, le déficit était de 11 milliards d’euros.

– Suède: tarifs réglementés

Le système consiste à réglementer et subventionner les tarifs grâce aux impôts locaux, offrant des coûts de la santé bas aux Suédois. Les patients ne paient ainsi que 17% du coût réel de leurs soins, l’Etat et les collectivités assumant le reste.

Les soins sont gratuits pour les mineurs. Pour les majeurs, un plafond annuel est fixé, au-delà duquel l’assuré ne paie plus les soins. Il est par exemple, en fonction des régions, de 900 à 1.100 couronnes (95 – 116 euros) pour les visites, et 1.800 couronnes pour les médicaments.

Certains soins, l’optique et les soins dentaires après 23 ans, ne sont en revanche pas couverts.

– Allemagne: double système public-privé

Système de santé double: public (90% de la population) ou privé (10%).

Pour le « public », 123 caisses différentes d’assurance maladie (caisses d’entreprises, caisses locales etc.) gèrent le système, avec des prestations relativement similaires.

Elles fonctionnent sur un principe de solidarité: ceux qui gagnent plus paient pour ceux qui gagnent moins. Le système est ainsi financé par des cotisations (14,6% du salaire). S’y ajoute une participation supplémentaire (jusqu’à 1,3%) que chaque caisse fixe chaque année.

Les patients n’avancent rien pour les soins et les médecins ne peuvent pas pratiquer de dépassement d’honoraires (ce qu’ils peuvent faire pour les assurés dits « privés »). Chaque année les tarifs sont négociés.

En 2014, les caisses étaient à l’équilibre, avec 204 milliards d’euros de rentrées d’argent et autant de dépenses, mais ont décidé en sus de reverser aux adhérents environ un milliard d’euros.

Le « privé » ne peut être choisi que par des personnes aisées. Les cotisations sont calculées en fonction du profil de risque de la personne.

Les clients du privé, auxquels les soins sont facturés plus chers, sont la principale source de revenus des médecins et des hôpitaux.

– Grande-Bretagne: gratuité des soins

Tout résident peut s’inscrire au système de santé (le NHS, National Health Service) et bénéficier de soins généralistes gratuits aux urgences, dans les centres de santé NHS et à l’hôpital. Les médicaments administrés dans ce cadre sont gratuits, ainsi que les médicaments contraceptifs, les traitements des MST et de la tuberculose.

Peuvent également bénéficier de médicaments gratuits les plus de 60 ans, les 16-18 ans suivant une éducation à temps plein, les femmes enceintes ou ayant eu un enfant dans les 12 derniers mois et toute personne ayant un certificat médical spécifique prévoyant la gratuité.

Gratuité des médicaments également pour les personnes touchant l’allocation chômage et certaines personnes aux revenus réduits.

Les soins optiques et dentaires sont gratuits pour les moins de 16 ans et les plus de 60 ans.

Financé par l’impôt, le budget du NHS pour 2015/16 est de 115,4 milliards de livres (157 milliards d’euros). L’institution est toutefois menacée par un déficit qui pourrait atteindre 30 milliards de livres d’ici à 2020.

Source : AFP, Paris 2015