Assurance Maladie. Une aide pour les Français qui renoncent à se soigner

Beaucoup de Français renoncent aux soins faute d’argent ou de méconnaissance du système. L’Assurance maladie met en place un dispositif pour les aider à retrouver le chemin des soins.

On le sait, on le tait, mais c’est vrai… Bien des Français ne se soignent pas car leurs finances ne leur permettent pas. Dure réalité d’un phénomène qui touche un grand nombre de personnes même si, aujourd’hui, il est bien difficile de dire combien de nos concitoyens en sont victimes.

Au fait, pourquoi ne vont-ils plus chez le dentiste, l’opticien, le spécialiste de ci ou de ça ? Tout simplement parce qu’ils ne peuvent pas payer ce que l’on appelle – sacré jargon – le reste à charge. C’est quoi le reste à charge ? C’est le reste de la facture que l’assuré doit acquitter après l’intervention de la sécurité sociale et de sa mutuelle (s’il en a une).

Majoritairement des femmes

Selon une étude de l’Observatoire des non-recours aux droits et aux services (Odenore) datée de 2016, menée auprès de 29 000 assurés dans 18 caisses d’assurance maladie, plus d’un quart aurait renoncé à des soins.L’assurance maladie prend ces chiffres « avec précaution ». Mais elle reconnaît qu’ils témoignent « de la réalité ».

Variable selon les territoires, le renoncement aux soins concerne majoritairement des femmes (58,6 %), des personnes vivant seules (36,6 %), ou les familles monoparentales (17,7 %). Et s’il est dû principalement aux problèmes financiers, la méconnaissance du système est également un frein.

Urgence

Un constat : il y a urgence. Car, comme l’indiquent les responsables de l’Assurance maladie, « les personnes qui renoncent à des soins n’évoquent que rarement leurs difficultés si on ne les questionne pas sur ce plan, soit par honte », soit parce qu’elles ont fini par « vivre avec » ce renoncement ou « parce qu’elles ne conçoivent pas que des solutions puissent exister ».

Expérience

Pour tenter d’inverser la tendance, l’Assurance maladie compte sur la généralisation à tout le territoire, d’avril 2017 à mi-2018, d’un dispositif jusqu’alors testé dans une vingtaine de départements (il a été expérimenté une première fois à Nîmes, dans le Gard, en 2014).

Il vise, d’abord, à identifier ces personnes, grâce à des agents formés à détecter les difficultés, en s’appuyant sur un réseau de partenaires (professionnels de santé, travailleurs sociaux, Pôle emploi…) à même d’en signaler.

Ensuite, les caisses proposent à l’assuré un accompagnement « cousu main à trois niveaux » : bilan exhaustif et explicatif de ses droits (comme la possibilité de recourir à l’ACS, soit l’Aide au paiement d’une complémentaire santé), orientation dans le système de soins (où trouver tel ou tel spécialiste), et assistance dans l’élaboration d’un montage financier pour les dépenses trop lourdes (examen des devis, octroi d’une aide d’action sanitaire et sociale de la caisse, recherche d’aides complémentaires).

Espoir

L’Assurance maladie indique que sur les 9 400 dossiers ouverts pendant l’expérimentation, « près d’un sur trois a abouti à la réalisation effective de soins » ; et « moins d’un sur deux » est encore en cours de traitement, pour un accompagnement de 71 jours en moyenne. Sur l’ensemble des dossiers clôturés, 19 % ont permis un accompagnement pour un montage financier.

Plus d’un quart des dossiers (26 %) se sont traduits par l’attribution de la CMU-C ou de l’ACS, 18 % par un accès à une complémentaire ou un changement de complémentaire. Un dispositif qui pourrait changer pas mal de choses. En bien.

Source : ouest-france.fr