Assurance-chômage : une négociation sous pression

Les partenaires sociaux ont engagé mi-février des négociations tendues sur la refonte des règles de l’Unedic, en proie à un déficit record. Le patronat veut mieux inciter au retour à l’emploi. Les syndicats craignent un recul des droits. Explications.

C’est la dernière grande négociation sociale du quinquennat. Patronat et syndicats ont engagé le 22 février 2016 une négociation pour revoir les règles de l’assurance-chômage. Ils doivent aboutir d’ici au 30 juin 2016, date d’expiration de l’actuelle convention Unedic, s’ils ne veulent pas que l’Etat reprenne en main le régime.

Leur tâche ne sera pas aisée. L’Unedic affiche un déficit cumulé de près de 26 milliards d’euros, un record. Le gouvernement exige que de substantielles économies soient trouvées, la timide baisse du chômage espérée cette année ne permettant pas d’améliorer la situation.

La durée d’indemnisation des plus de 50 ans (jusqu’à trois ans) et les allocations que touchent les personnes enchaînant les missions d’intérim et les CDD très courts sont tout particulièrement dans le viseur des partenaires sociaux. La dégressivité des allocations, évoquée par le patronat et très controversée quant à ses effets, se heurte, elle, à un refus farouche des syndicats.

Le régime, mode d’emploi

L’assurance-chômage, qui offre un revenu de remplacement à ceux qui perdent leur emploi, est gérée par les partenaires sociaux au sein de l’Unedic. Ils renégocient les règles d’indemnisation tous les deux ans, pour coller aux évolutions du marché du travail.

L’assurance-chômage est financée par les cotisations des entreprises (4 % du salaire brut) et des salariés (2,4 %), représentant environ 34 milliards d’euros annuels. Mais les dépenses tournent autour de 38 milliards, d’où un déficit d’environ 4 milliards par an. La dette devrait atteindre 29,4 milliards fin 2016. Pour la combler l’Unedic emprunte sur les marchés.

Chômage et déficit record

Avec côté dépenses, un nombre de chômeurs en forte hausse et, côté recettes, une contribution des salariés qui l’est beaucoup moins, la dette de l’Unedic s’est littéralement envolée avec la crise. De 5,2 milliards d’euros en 2008, elle a quintuplé pour atteindre 25,8 milliards en 2015.

Le gouvernement attend notamment des négociations de nouvelles règles permettant d’atteindre au moins les 800 millions d’euros d’économies sur les dépenses d’assurance chômage prévus dans la loi de Finances 2016. Avec un taux de chômage à plus de 10% de la population active, l’Unedic prévoit un déficit de 3,6 milliards d’euros en 2016, après 4,4 milliards en 2015. Cet organisme géré par les partenaires sociaux verrait ainsi son endettement bondir à plus de 29 milliards d’euros fin 2016 et, si rien n’est fait, à 35 milliards en 2018.

Source : lesechos.fr