Assurance chômage: « Nous n’avons pas abordé les sujets de fond »

Réunis mardi 6 décembre au siège du Medef, syndicats et patronat ont repris contact sur l’épineux sujet Unedic sans rentrer dans le vif du sujet. Six mois après un premier échec, ils se sont quittés sans rien (se) promettre.

Ils se sont retrouvés autour du patient Unédic – plongé, pour le moment dans une sorte de coma – pour établir un diagnostic. La réunion des partenaires sociaux du mardi 6 décembre leur a permis de ne pas perdre le contact, six mois après l’échec des négociations sur les nouvelles règles d’indemnisation des chômeurs.

« Nous nous sommes revus mais nous n’avons pas abordé les sujets de fond », explique Denis Gravouil négociateur pour FO. Le fond du traitement pour l’Unédic, ce sera donc pour plus tard.

Certains sujets restent sensibles

Syndicats et patronat ont pris rendez-vous pour trois nouvelles réunions fixées les 4 et 25 janvier ainsi que le 8 février. Une ultime rencontre est prévue le 15 février, pour dresser une sorte de bilan. « Une liste d’experts à auditionner nous a été proposée mais nous l’avons refusée cette liste car nous la jugeons trop orientée, conteste Denis Gravouil. Quant au menu des futures rencontres, nous verrons ce qui en ressort. Mais ça n’a pas été facile de faire accepter certains dossiers par le représentant du Medef. La taxation des contrats courts, par exemple, n’a pas été retenue par le patronat qui y est hostile depuis toujours. »

Pour le patronat, ce sujet doit être évoqué lors des discussions sur les « trajectoires professionnelles » mais il reste encore extrêmement sensible. Le Medef refuse en effet que de nouvelles taxations aient lieu pour les entreprises même si l’organisation patronale reconnaît malgré tout « qu’il faut faire quelque chose ». De son côté, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a affirmé début novembre qu’elle était favorable à un système de bonus-malus sur les contrats courts « qui coûtent à l’Unédic 6,2 milliards d’euros et génèrent une précarité pour les demandeurs d’emploi ».

Jouer la montre jusqu’à la présentielle?

Pour le moment, la prudence est de mise côté patronal où l’on refuse de parler de « négociations », préférant dire que le moment est à la « discussion et à la remise à plat des sujets ». « Il y a une vraie bataille entre ceux qui veulent jouer la montre jusqu’à la prochaine élection présidentielle en tablant sur l’arrivée d’un candidat ultra-libéral et ceux qui souhaitent malgré tout négocier », regrette Denis Gravouil.

Une divergence de point de vue qui grippe les discussions et divise y compris au sein de l’organisation patronale. Car ne pas s’entendre entre partenaires sociaux reviendrait à dire que le paritarisme est mort et à donner tout pouvoir à la puissance politique pour trancher la question de l’indemnisation des chômeurs et des économies possibles.

Les partenaires sociaux vont-ils réussir à se mettre d’accord sur une reprise des négociations avant l’échéance électorale de mai? Pour le moment, tout le monde se garde de se montrer trop affirmatif…

Source : lentreprise.lexpress.fr