Assurance chômage: l’Unedic prévoit une forte réduction de son déficit en 2020

L’Unédic table sur une nette réduction de son déficit en 2020 grâce à la nouvelle convention d’assurance chômage qui entre en vigueur en octobre, mais prévient que, le nombre de chômeurs indemnisés va augmenter cette année, avant de baisser en 2018.

L’organisme gestionnaire de l’assurance chômage, qu’Emmanuel Macron prévoit de réformer dès 2018, devrait voir son déficit reculer cette année, à 3,6 milliards d’euros, contre 4,2 milliards en 2016, selon ses prévisions financières publiées mercredi.

« Grâce aux effets conjugués de la conjoncture et de la convention 2017 », ce déficit se résorberait encore en 2018 pour atteindre 2,9 milliards, puis 1,9 milliard en 2019 avant de chuter à 0,8 milliard en 2020.

« Tout n’est pas réglé mais on serait quand même proche de l’équilibre » en 2020, s’est félicité Alexandre Saubot, président de l’Unédic, lors d’une conférence de presse.

Pour autant, la dette va continuer de s’aggraver, pour passer à 39,1 milliards d’euros en 2020, contre 33,6 milliards en 2018.

Légère hausse des cotisations patronales, harmonisation du calcul des allocations, baisse de droits pour les seniors…: les organisations patronales et syndicales ont mis en place une série de mesures visant à faire des économies.

Celles-ci s’élèveraient à 98 millions d’euros d’économies dès cette années, avant de monter à 550 millions en 2018 et 620 millions en 2019. En régime de croisière, l’Unédic prévoit 930 millions d’économies par an.

L’une de ses mesures, qui concerne une nouvelle règle de calcul, engendrera 550 millions d’euros d’économies en période de croisière. Elle met fin à la situation actuelle qui avantage, à travail et salaire égaux, les personnes enchaînant les contrats de moins d’une semaine par rapport à celles qui ont des contrats plus longs.

– Créations d’emploi au ralenti –

Pour ce qui est du durcissement des règles pour les seniors, les économies attendues sont de 430 millions d’euros.

Actuellement, les chômeurs de 50 ans et plus, considérés comme « seniors », peuvent toucher des allocations jusqu’à 36 mois au lieu de 24 pour les personnes moins âgées. Avec la nouvelle convention, la durée maximale passe à 30 mois pour la tranche d’âge entre 53 et 54 ans. Elle reste à 36 mois à partir de 55 ans. Avant 53 ans, les chômeurs sont indemnisés pendant 24 mois.

Selon l’Unédic, 37.000 personnes âgées de 50 à 54 ans auront une durée d’indemnisation moins longue qu’avec la convention actuellement en vigueur.

Les partenaires sociaux ont également décidé d’assouplir le « différé d’indemnisation », qui augmentera les dépenses de 53 millions d’euros. C’est la période pendant laquelle les chômeurs ayant touché une forte indemnité de fin de contrat doivent attendre avant de commencer à percevoir une allocation.

Entrée en vigueur le 1er octobre, la convention sera valable pendant trois ans. L’exécutif promet une réforme consistant à ouvrir l’assurance chômage aux démissionnaires et aux indépendants, qui sera mise en oeuvre progressivement à compter de l’été 2018. Le candidat Emmanuel Macron avait également promis de reprendre en main l’assurance chômage, actuellement gérée par les syndicats et le patronat.

Sur le front de l’emploi, 186.000 emplois seront créés cette année, avec la « progression du PIB et les effets des actuelles politiques d’emploi », en recul par rapport à 2016 (+218.000). Ces créations ralentiraient encore en 2018 (+118.000).

L’Unédic prévoit une augmentation du nombre de chômeurs indemnisés (+38.000) cette année.

Enfin, il y aura 52.000 chômeurs supplémentaires sans aucune activité en 2017 (catégorie A), avant une baisse en 2018 (-35.000), selon ces prévisions.

Source : abcbourse.com