Assurance-chômage : les négociateurs vont se donner du temps

La négociation ne tiendra pas les délais impartis. L’actuelle convention devrait être prolongée de quelques semaines.

Le feuilleton va encore durer. La négociation sur l’assurance-chômage a repris ce jeudi avec une première certitude : elle devrait aller à son terme, le Medef ayant renoncé à claquer la porte malgré ses menaces en ce sens. Pour preuve, les partenaires sociaux ont acté les dates des deux prochains rendez-vous : le 30 mai et le 14 juin.

Le patronat espère que ce dernier round sera « conclusif ». Mais il est le seul : tous les syndicats jugent ce calendrier quasi intenable, tant l’on est encore loin d’un accord et tant la complexité des mesures envisagées de part et d’autre, notamment pour refondre les modalités de calcul des allocations, nécessite un lourd travail d’expertise et de simulation financière. En outre, même si un accord était trouvé mi-juin, les délais seraient bien trop courts pour le traduire en une nouvelle convention et obtenir le nécessaire agrément de l’Etat avant le 30 juin, date d’expiration de la convention en vigueur.

 » Peut-être une prorogation technique « 

Dans ce contexte, « on va devoir de toute façon proroger l’actuelle convention », résume Michel Beaugas (FO). « Il faudra peut-être une prorogation technique », admet Jean Cerruti, le négociateur du Medef. De quelques semaines, voire peut-être de quelques mois,.

En cas de prorogation, la CGT a exigé que l’accord signé fin avril sur le régime des intermittents entre en vigueur dès le 1er juillet. « Sinon, la question de la grève des festivals va revenir « , a-t-elle prévenu. Encore faut-il, a rappelé le Medef, que celui-ci soit avalisé par les négociateurs interprofessionnels, qui attendent pour cela le chiffrage d’impact de cet accord, attendu pour le 18 mai. Or, selon nos informations, les premières estimations font apparaître des économies bien moindres que les 105 millions d’euros par an exigés au départ…

Examen de chiffrages

Ce jeudi, les partenaires sociaux s’en sont tenus à examiner des chiffrages transmis par l’Unédic sur différents scénarios, complexes, de refonte des modalités de calcul des allocations. Les économies escomptées selon les options vont de 450 millions à 1,5 milliard d’euros par an en année pleine. Ce qui a immédiatement fait bondir la CGT, tandis que FO a prévenu qu’il n’accepterait pas de changement de mode de calcul tant que le patronat n’accepterait pas de moduler les cotisations sur les contrats courts. « Comme la loi travail n’aura aucun effet positif sur l’emploi, nous ne sommes pas enclins à envisager de charges supplémentaires sur le travail », a rétorqué Jean Cerutti, le négociateur du Medef.

Source : lesechos.fr