Assurance-chômage : le Medef ouvre la voie à un accord

Les partenaires sociaux se retrouvent ce mardi pour une dernière séance de négociations. Le Medef est prêt à accepter une petite hausse de la cotisation chômage pour aboutir à un accord.

« Pierre Gattaz veut absolument qu’Alexandre Saubot ait le mandat, donc il l’aura », lâchait, désabusé, un membre du conseil exécutif du Medef avant la réunion consacrée, lundi par cette instance à la négociation sur l’assurance-chômage. Il l’a bien obtenu. Le vice-président du Medef chargé du social va retrouver ce mardi les partenaires sociaux pour un dernier round de discussions, avec un feu vert de son organisation qui ouvre la voie à un accord. Il a reçu le soutien du conseil exécutif à une idée un peu inattendue (« Les Echos » du 21 mars) : accepter une hausse générale de la cotisation chômage des employeurs sous la forme d’une « contribution exceptionnelle temporaire ».

l s’agirait de récupérer la légère baisse des cotisations AGS décidée par le patronat, seul gestionnaire du régime qui verse aux salariés d’entreprises en difficulté leur salaire et indemnités de licenciement le cas échéant. Une diminution de 0,05 point pour revenir à 0,20 % est intervenue au 1er janvier. Une autre baisse de la cotisation AGS identique doit suivre. « La logique est de rester sur une non-augmentation du coût du travail de façon globale », insiste-t-on dans l’entourage de Pierre Gattaz. Après s’être focalisé sur la question très polémique du bonus-malus sur les contrats courts, le débat au sein du Medef s’est déplacé sur le terrain plus général des cotisations. « La réduction de l’AGS est déjà dans les tuyaux, c’est un marché de dupes », s’emportait un dirigeant de fédération qui n’a pas eu gain de cause.

1 milliard d’euros à trouver

Pour équilibrer, le Medef va aussi demander la suppression du petit malus instauré en 2014 sur les contrats courts. Difficile cependant d’imaginer que les syndicats lâchent facilement sur ce point. Le dossier va continuer à être au centre des discussions.

Des marges de manoeuvre devraient être dégagées par le patronat sur les seniors et le calcul du salaire de référence pour l’allocation. Le projet de texte reçu par les syndicats lundi soir prépare le terrain. Il propose une contribution temporaire de 0,03 %comme base de négociation et acte les concessions faites mardi dernier par le Medef sur les autres sujets.

Les partenaires sociaux se sont fixé comme objectif de trouver 1 milliard d’euros. Sachant qu’une hausse de 0,05 % de la cotisation chômage employeur rapporterait quelque 250 millions d’euros par an, il resterait tout de même à trouver autour de 750 millions d’économies. Mais, si accord il y a, ce qui apparaît probable, il sera inévitablement conditionné à la prise en charge par les pouvoirs publics des 3 autres milliards d’euros de déficit (fonctionnement de Pôle emploi, frontaliers, intermittents, intégration des employeurs publics…). Alors que l’ancien favori à l’élection présidentielle, François Fillon, et le nouveau, Emmanuel Macron, partagent la volonté que l’Etat reprenne la main sur les règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi.

Source : lesechos.fr