Assurance-chômage : le Medef accepte de rouvrir les négociations

La surtaxation des CDD de moins d’un mois avait fait bloquer les négociations sur l’assurance-chômage en juin dernier. Le conseil exécutif du Medef a annoncé ce lundi son feu vert pour rouvrir les négociations.

Bloquées depuis huit mois faute d’accord sur la question de la taxation des CDD de moins d’un mois, le conseil exécutif du Medef a donné ce lundi son feu vert pour rouvrir la négociation sur l’assurance chômage, alors que les partenaires sociaux doivent se décider mercredi, a annoncé l’organisation patronale dans un communiqué. L’objectif: s’accorder avant l’élection présidentielle sur une nouvelle convention autour de ce régime qui affiche un déficit de plus de 4 milliards d’euros et une dette record de 30 milliards.

L’instance «a donné mandat à Alexandre Saubot (président du pôle social du Medef) pour ouvrir une négociation avec les organisations syndicales afin de proposer une réforme ambitieuse, pérenne et qui permette de résoudre le déficit structurel de l’assurance chômage», selon le communiqué. Le conseil exécutif a toutefois «rappelé l’impérieuse nécessité de ne pas alourdir le coût du travail».

4 millions de CDD courts

C’est le refus patronal de toute forme de modulation de cotisation sur les contrats courts (CDD, intérim) qui avait fait capoter les négociations en juin 2016, dans un climat alors parasité par la loi travail. Après cet échec – une première depuis 1982 – le gouvernement avait dû prolonger la convention signée en 2014, mais n’a eu de cesse de pousser les partenaires sociaux à se remettre autour de la table. En novembre, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, s’était montrée favorable à un système de bonus-malus sur les contrats courts «qui coûtent à l’Unédic 6,2 milliards d’euros et génèrent une précarité pour les demandeurs d’emploi».

Depuis décembre, les partenaires sociaux se réunissent de manière informelle afin d’«établir un diagnostic commun» sur le marché du travail et l’assurance-chômage. «On a senti quelques velléités patronales pour prolonger les discussions au-delà du 15 février mais pour les syndicats il n’en n’est pas question: soit on rouvre les négociations, soit on arrête», a confié à l’AFP Denis Gravouil, négociateur de la CGT.

Une étude de l’Unédic a notamment révélé que les CDD de moins d’un mois avaient explosé en 15 ans, passant d’un peu plus de 1,5 million par trimestre à plus de 4 millions. Les secteurs des arts et spectacles, l’édition et l’audiovisuel, le secteur de la santé, l’hôtellerie-restauration et l’immobilier sont parmi les plus gros utilisateurs de ces contrats de moins d’un mois, voire de quelques jours.

Source : lefigaro.fr