Après un mieux en 2016, le chômage fait du surplace

Le nombre de chômeurs de catégorie A a diminué de 3.500 en février.Mais sur les trois derniers mois, il a augmenté de 6.500.

Jusqu’au bout, François Hollande aura couru derrière ses promesses sur le front du chômage. Il aurait pu espérer que l’inversion de la courbe promise pour le début de son quinquennat s’affirme au moins dans les derniers mois avant son départ. Mais ce n’est pas ce que disent les chiffres publiés vendredi par le ministère du Travail, les derniers avant le premier tour de l’élection présidentielle.

En février, le nombre de demandeurs d’emploi n’ayant pas du tout travaillé (catégorie A) a à peine diminué. Avec 3.500 demandeurs d’emploi de moins (-0,1 %), il est revenu à 3.464.400 en métropole, après avoir stagné en janvier (+800). Sur la France entière, ce chiffre atteint 3.721.400. Tout au plus peut-on donc parler d’une stabilisation après l’augmentation de décembre (+9.200) qui aboutit à ce que, sur trois mois, l’orientation reste à la hausse (+6.500, +0,2 %).

La tendance reste cependant nettement positive sur un an. Le ministère du Travail ne se prive pas de le souligner dans son communiqué : « sur les douze derniers mois, on enregistre une baisse de près de 115.000 demandeurs d’emploi sans activité (-3,2 %) ». En outre, pas une classe d’âge n’a subi en février d’augmentation. A l’heure du bilan, le ministère souligne même que « le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans inscrits à Pôle emploi en catégorie A est désormais inférieur de près de 5 % à son niveau de mai 2012 ». Au global, cependant, les effectifs de chômeurs sans activité auront augmenté de près de 550.000, soit +18,5 %, depuis le début du quinquennat.

Si l’on intègre les chômeurs ayant travaillé dans le mois mais disponibles immédiatement (catégories B et C), la tendance reste à la hausse avec 41.500 personnes de plus en février (+2,1 %) après quelque 25.000 en janvier. Catégories A, B et C confondues, le seuil des 5,5 millions de chômeurs a été allégrement franchi en métropole, à 5.515.200 (5.817.600 en France entière). Mais il doit être relativisé car l’essentiel de la progression ­concerne des chômeurs qui ont travaillé plus d’un mi-temps, et certains même à temps plein.

Vers une hausse en 2017

Les chiffres de février n’auront pas seulement déçu le chef de l’Etat en partance, ils devraient inquiéter les candidats à sa succession. Car l’inversion de la courbe reste un objectif et toujours pas une réalité. Ils ne sont pas de nature à alléger la pression sur la négociation sur l’assurance-chômage, dont la dernière séance doit se tenir ce mardi et qui bute principalement sur les seniors et les contrats courts.

Selon les dernières prévisions de l’Unédic (« Les Echos » du 1er mars), le nombre de demandeurs d’emploi sans activité progresserait de 47.000 en 2017 alors qu’il a baissé de 107.400 l’année dernière, après huit ans consécutifs de hausse. Les tendances sont les mêmes pour les chômeurs de catégorie B ou C. Le taux de chômage au sens du BIT serait, lui, stable à 9,8 %.

Source : lesechos.fr