Des applications mobiles pour améliorer la survie de malades du cancer

Des applications sur smartphones permettent d’accélérer le diagnostic de certains cancers ou d’améliorer la prise en charge et le suivi des malades.

En cancérologie, la plupart des efforts de recherche se concentrent sur la mise au point de nouveaux traitements, mais on peut parfois améliorer la survie des malades avec des systèmes relativement simples: des applications sur smartphone ou tablette électronique de type iPad.

Au grand congrès de cancérologie de l’Asco à Chicago, le Dr Ethan Basch, professeur de médecine au centre du cancer Lineberger de l’université de Caroline du Nord, a présenté une application qui permet aux malades du cancer d’informer leur médecin sur leur état pendant la durée de leur traitement. Et au bout de plusieurs années, les malades de cancers métastasés du poumon, du sein et de la prostate qui avaient utilisé l’application ont vécu cinq mois de plus en moyenne (espérance de vie de 31 mois, contre 26 mois au groupe témoin qui voyait leur cancérologue une fois par mois). Ce gain peut paraître modeste, mais il est en fait très significatif pour des pathologies aussi graves.

«Beaucoup de patients qui arrivent en première consultation ont déjà des cancers du poumon avancés, et leur chance de survie serait meilleure si la maladie était prise en charge plus tôt»
Dr Fabrice Denis

Le programme, appelé STaR, pour «Symptom Tracking and Reporting», permet d’évaluer la manière dont les patients tolèrent les effets secondaires parfois sévères (nausées, douleurs, fatigue, difficultés respiratoires) liés à la chimiothérapie. «Nous avons constaté que l’application pour signaler ces symptômes en temps réel alerte l’équipe soignante qui peut agir sans attendre pour soulager les malades», précise le Dr Ethan Basch. Dans certains cas, les patients ne supportant plus les effets secondaires, ou dont l’état physique est trop affaibli, sont obligés d’interrompre leur traitement.

Le but initial de l’étude était d’améliorer la qualité de vie des patients, mais les médecins ont eu la bonne surprise de constater, dix ans après le début d’une étude démarrée en 2007, qu’il y avait un gain très net pour leur espérance de vie.

Cette application américaine, qui améliore et facilite la communication entre le patient et son médecin spécialiste, est toujours expérimentale et il n’est pas prévu qu’elle soit directement commercialisée. La primeur reviendra peut-être à l’application française Moovcare, qui avait été présentée l’année dernière au congrès de l’Asco par le Dr Fabrice Denis, cancérologue au Mans. L’essai clinique qu’il avait mené prouvait l’amélioration des chances de survie pour des patients qui venaient d’avoir un cancer du poumon, en étant capable de détecter plus tôt leurs rechutes. L’application Moovcare, développée par la société Sivan Innovation, «intéresse fortement les autorités sanitaires françaises et devrait obtenir un remboursement par la Caisse nationale d’assurance-maladie d’ici à la fin de l’année», assure le Dr Denis.

Le spécialiste français estime que l’algorithme qu’il a aidé à développer pourrait aider à détecter les cancers chez les fumeurs. «Nous suivons une vingtaine de symptômes qui sont caractéristiques de la maladie, comme la toux persistante, la perte de poids, et doivent nous permettre de dépister les cancers des fumeurs bien plus tôt», assure le Dr Fabrice Denis. Ces symptômes, pourtant très caractéristiques, n’ont rien de secret, mais la plupart des fumeurs les ignorent. «Beaucoup de patients qui arrivent en première consultation ont déjà des cancers du poumon à des stades avancés, alors que leur chance de survie serait bien meilleure si la maladie était prise en charge plus tôt.» L’application, appelée SmokeCheck, devrait être opérationnelle cet été.

Source : lefigaro.fr

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