Aides au logement, impôts, fonctionnaires: ce qu’il faut retenir du budget 2016

Michel Sapin a présenté ce mercredi matin le détail du projet de loi de Finances 2016. Un jeu d’équilibriste, avec la nécessité de financer les baisses d’impôts à venir et d’autres aides tout en restant dans les clous de Bruxelles.

Un budget « sans surprise », selon Michel Sapin, mais un budget tout de même déterminant. Ce mercredi, le ministre des Finances Michel Sapin a dévoilé le projet de loi de Finances 2016. Un rendez-vous très attendu, d’autant plus qu’il s’agit du dernier budget du quinquennat de François Hollande en année pleine. Les enjeux, eux, sont toujours les mêmes: fixer le cap de la politique du gouvernement sur un an, tout en respectant les règles européennes. Pour 2016, la France s’est engagée à ramener son déficit à 3,3% du PIB, contre 4,3% cette année. Avec l’objectif d’atteindre la barre des 3% dès 2017.

Beaucoup de promesses
Pour boucler les comptes, les fonctionnaires de Bercy ont dû cravacher. Ces dernières semaines, le gouvernement a multiplié les annonces. Il fallait en effet aider les agriculteurs en colère, financer la gestion de la crise des migrants, ou encore les aides à la pierre. Il y a aussi la baisse de l’impôt sur le revenu, annoncée à la fin du mois d’août. L’effort s’élève à deux milliards d’euros pour le gouvernement et doit profiter à 9 millions de Français.

N’oublions pas non plus les « efforts exceptionnels », comme celui destiné à l’enseignement supérieur, à hauteur de 100 millions d’euros. Une annonce formulée par Manuel Valls il y a deux jours à Avignon. Le budget de la défense va lui aussi bénéficier de son statut de priorité gouvernementale, avec une hausse de l’enveloppe dédiée à la menace terroriste. Un éventail de mesures, qui viennent s’ajouter aux mesures connues de longue date, comme la montée en charge du CICE ou le plan PME annoncé l’année dernière.

Les administrations vont se serrer la ceinture

Reste que ces annonces de dernière minute ont un coût. Pour l’Etat, les dépenses pourraient augmenter de 700 millions à un milliard d’euros. Une somme non négligeable, d’autant plus que l’exécutif est engagé dans un plan de réduction des déficits assez drastique, de 50 milliards d’euros sur trois ans. Pour résoudre cette équation à multiples inconnues, Michel Sapin a fait savoir que les administrations allaient devoir se serrer davantage la ceinture. L’effort demandé aux administrations publiques s’élèvera en 2016 à 16 milliards d’euros, contre 14,5 milliards initialement prévus ». Il sera partagé entre l’état et les collectivités locales. Ces dernières verront par exemple leur dotation globale refondue et réduite de 3,5 milliards d’euros.

Source : L’Express