Adhérer à une mutuelle étudiante, est-ce vraiment indispensable ?

A l’approche de la rentrée universitaire, les mutuelles étudiantes sont à l’affût. Pour elles, c’est l’occasion de faire souscrire des complémentaires santé. Les étudiants, eux, doivent prendre quelques précautions avant de signer. Explications.

Vous effectuez votre rentrée universitaire en septembre ? Sauf exceptions, vous devrez adhérer à la Sécurité sociale étudiante. Une adhésion qui coûtait 215 euros pour l’année 2015-2016 et dont le tarif pour la prochaine rentrée sera connu dans le courant de l’été.

L’adhésion s’effectue au moment de l’inscription en université et, à cette occasion, les étudiants doivent passer par La Mutuelle des Etudiants (LMDE) ou l’une des onze mutuelles régionales du réseau emeVia, comme la Smerep, la Smneo ou la MEP. Car ces mutuelles étudiantes ont un double rôle : d’un côté, elles s’occupent, comme l’Assurance maladie, de remettre leur carte vitale aux étudiants (qui ne l’ont pas reçue automatiquement à partir de leurs 16 ans) et de rembourser les frais de santé « de base », et, de l’autre, de compléter ces remboursements moyennant une mensualité supplémentaire. Problème : les étudiants font souvent la confusion entre la sécurité sociale étudiante obligatoire et la complémentaire santé qui, elle, ne l’est absolument pas.

Une complémentaire santé facultative !

« Au moment de la rentrée, beaucoup d’étudiants sont perdus. Les mutuelles présentes dans les couloirs des universités en profitent pour leur vendre des complémentaires santé », prévient Alexandre Leroy, président de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes). Et pour cause, ce sont uniquement ces complémentaires santé qui leur permettent de dégager une rentabilité. Or, 75% des étudiants sont déjà couverts par la mutuelle de leurs parents. Dans ce cas, la complémentaire santé est inutile, tout comme pour les étudiants couverts par la CMU (couverture maladie universelle) ou par leur mutuelle d’entreprise s’ils sont salariés et travaillent durant leurs études.

Se renseigner avant de souscrire

Au final, « seuls 15% des étudiants sont couverts par une complémentaire santé étudiante », indique Benjamin Chkroun, conseiller régional d’Ile-de-France et directeur général d’emeVia. Pour les étudiants concernés, il convient avant de souscrire de jauger ses besoins en consultations médicales, optique et dentaire pour signer le contrat le plus adapté. « Il est surtout indispensable d’être couvert par une complémentaire santé pour les frais d’hospitalisation », rappelle Annie Coutarel, directrice générale de la Smerep. A noter, vous bénéficieé d’un délai de rétractation de 14 jours à compter du jour où le contrat a été conclu.

A la Smerep, par exemple, des trois niveaux de garantie, « l’indispensable » coûte 8,25 €/mois (99 €/an) et comprend un remboursement à 100% des consultations de médecins généralistes et spécialistes, de la pharmacie et de l’hospitalisation. En revanche, elle ne convient pas à ceux ayant des dépenses de lunettes ou de soins dentaires élevés puisqu’elle ne propose aucun remboursement sur ces deux postes. Du côté de la Smeno, la formule entrée de gamme (Mut M l’essentiel) coûte 11,25 €/mois (135 €/an) et couvre essentiellement l’hospitalisation. Pour trouver un plus petit prix, direction la MEP avec son entrée de gamme « Basick » à 5 €/mois (60 €/an). Cette offre couvre uniquement l’hospitalisation, vaccins et rappels remboursés ou non par la Sécurité sociale. Pour des garanties supérieures, notamment en optique et dentaire, il faudra bien évidement débourser plus 49 €/mois à la Smerep, à partir de 35,25 €/mois à la Smeno ou 40,75 €/mois à la MEP. Des frais supplémentaires conséquents auquel il vaut mieux réfléchir à tête reposée avant de s’engager.

Source : lexpress.fr