Addictions: pourquoi les jeunes sont-ils particulièrement à risque ?

La transgression et les comportements à risque font partie de l’adolescence. La menace de l’addiction survient quand la consommation se banalise.

Les excès sont-ils une marque de la jeunesse? Pour répondre à cette question, quelques pistes peuvent être tirées d’un long rapport, publié en décembre dernier par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Notamment dans le préambule de Bruno Falissard, psychiatre, chercheur et président du collège scientifique de l’OFDT. «Le petit humain, écrit-il, contrairement à la plupart des mammifères, naît prématuré: il ne sait pas marcher, tout juste téter. Pourquoi? Peut-être pour permettre à son cerveau de se développer en dehors du ventre maternel.»

Et de poursuivre. «Vers 12-15 ans, il est apte à la reproduction, et tout se bouscule en lui pour le projeter vers une nouvelle vie: la sexualité devient un questionnement central. Plus généralement, il semblerait que, “naturellement”, tout soit fait à ce stade pour que le jeune humain se reproduise et fonde à son tour une famille. Mais dans nos sociétés c’est bien sûr impensable. Pas de grossesse à 15 ans, cela va sans dire. Il faut en effet que le jeune humain continue à apprendre: au collège, au lycée, à l’université. Encore et toujours, l’humain doit devenir un champion cognitif, l’avenir de sa société en dépend. Au prix d’une tension insoupçonnée (…) Il s’ensuit une période de la vie originale, que l’on appelle adolescence, où la créativité est à son maximum, où les interrogations sur la vie apparaissent de façon aiguë, où le rapport à l’autre et à la société est parfois compliqué, où la rencontre avec les substances psychoactives devient une solution, une provocation.»

L’adolescence, une étape clef

Voici donc posé le cadre, pointant les risques inhérents à cette période si particulière de la vie. «Une étape clé synonyme de changements dont l’impact ne doit pas être négligé», souligne le sociologue et statisticien François Beck, directeur de l’OFDT. Ces changements sont en effet d’ordre «physique avec la puberté, scolaire avec le lycée et éventuellement les études supérieures, professionnel avec l’entrée dans la vie active ou une période de chômage, familial quand on quitte le domicile parental, se met en couple, attend le premier enfant…»
D’où les «tentations, transgressions et initiatives parfois périlleuses…» mais aussi les conduites addictives et les multiples facteurs personnels dont elles sont issues, sans oublier de se pencher sur les inégalités sociales et territoriales.

La mode du binge drinking

L’état des lieux n’est guère rassurant, que ce soit pour les drogues licites ou illicites. Ainsi, d’après la dernière enquête faite en 2014, à 11 ans, près de 7 % des ados ont déjà fumé une cigarette. Le chiffre atteint presque 25 % à 13 ans et 52 % à 15 ans : {…}

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Source : sante.lefigaro.fr