Déclin cognitif : faut-il entraîner son cerveau ?

L’entraînement cérébral est prôné par certains, et dénoncé comme une perte de temps par d’autres. Pourquoi une telle différence ? La réponse viendrait du fait que les exercices cognitifs sont bénéfiques pour les patients en léger déclin, mais inefficaces chez ceux qui souffrent de démence profonde.

Entraîner son cerveau pour empêcher son déclin ? La réponse n’est pas toujours simple, mais le débat pourrait être tranché grâce à une nouvelle étude de l’université de Sydney en Australie, parue dans American Journal of Psychiatry. Les chercheurs ont passé au peigne fin 17 études réalisées depuis 20 ans sur le sujet et arrivent à cette conclusion : l’intérêt de l’entraînement cérébral dépend de l’état de votre cerveau .

Renforcer son cerveau aux premiers signes de déclin

Inutile pour les patients atteints de démence de passer de longues heures devant un écran d’ordinateur à faire des exercices. L’analyse des études effectuées sur des personnes atteintes de troubles cognitifs majeurs révèle que l’entraînement cérébral n’améliore pas leurs fonctions cognitives. Il est en quelque sorte « trop tard » pour ces patients.

En revanche, lorsque les troubles cognitifs restent légers, exercer son cerveau est salutaire pour ne pas aggraver les premières détériorations. Une personne sur dix souffrant de déficience cognitive légère développera une démence dans l’année, c’est-à-dire que ses troubles s’aggraveront au point de l’empêcher de poursuivre ses activités quotidiennes. L’entraînement cérébral pourrait contrer ces complications. Chez ces personnes, il améliore la mémoire ainsi que d’autres fonctions cognitives, comme l’apprentissage et l’attention. Au niveau psychosocial, ces exercices ludiques à l’écran ont aussi des effets positifs sur l’humeur et la qualité de vie perçue.

Eviter la démence chez les personnes plus à risque

Le diagnostic de démence repose sur quatre critères : une déficience dans de nombreux domaines cognitifs, définitive et non expliquée par d’autres causes médicales. Le dernier critère est aussi celui qui permet généralement de définir la gravité des troubles : au contraire des troubles légers, la démence a des retentissements sur la vie de tous les jours et empêche le malade d’effectuer des activités simples. En renforçant les fonctions supérieures du cerveau, l’entraînement cérébral permet, chez les personnes en déclin cognitif , de ne pas basculer du côté de la démence en conservant leur autonomie.

Source : topsante.com