35h à l’AP-HP : Martin Hirsch accepte de renouer le dialogue social

Le directeur des hôpitaux parisiens se propose, dans un document révélé par Le Parisien-Aujourd’hui-en-France, de reprendre de zéro les négociations avec les syndicats.

Changement de stratégie à l’AP-HP. Alors que les négociations «sont dans l’impasse totale» selon les dires d’un syndicat, le directeur général des hôpitaux parisiens, Martin Hirsch serait prêt à reprendre les discussions à zéro, selon un document révélé par le Parisien-Aujourd’hui-en-France, qui avance le mois de septembre. Sans toutefois abandonner l’idée de réorganiser le travail dans les 37 établissements de l’AP-HP. L’ancien président d’Emmaüs France aurait adressé vendredi soir aux huit organisations syndicales de l’Assistance publique un document d’une page intitulé «Projet de relevé de conclusions» dans lequel il s’engage à trouver une solution pour sortir de ce conflit. Contacté par Le Figaro, l’AP-HP n’a pas souhaité faire de commentaires.

Sans annoncer de mesures concrètes, Martin Hirsch prend l’engagement de ne pas remettre en cause les 35 heures à l’AP-HP et de ne rien modifier «sans un accord majoritaire» des syndicats. Le directeur général de l’AP-HP propose de mettre au cœur des discussions «la qualité de l’emploi, les conditions de travail et les progrès à accomplir en matière d’organisation pour une meilleure prise en charge des patients». Enfin, le document suggère également «d’ouvrir des espaces d’expression et de discussion, dans les pôles ou les services volontaires, sur l’organisation et les conditions de travail».
Il faut dire que les négociations sur la réforme des 35 heures à l’AP-HP lancées en mai dernier par Martin Hirsch n’ont pour l’heure abouti à rien de concret. Sinon trois journées d’action dont la dernière, jeudi, qui a mobilisé vers l’Élysée près de 15.000 agents selon les syndicats et entre 3500 et 3700 selon la police. Les manifestants ont réclamé le retrait pur et simple de la réforme. «Martin, tu vas trop loin, les RTT ce n’est pas un besoin, c’est une nécessité», clamaient les agents, en référence au terme employé par Martin Hirsch pour justifier son projet. La pression était également forte du côté de la ministre de la Santé. Nul doute que Marisol Touraine, qui a appelé vendredi à la reprise du dialogue, devrait saluer ce revirement stratégique. «Je souhaite que le dialogue puisse s’engager parce qu’on a parfois le sentiment d’une difficulté à l’engager, que je regrette, a-t-elle déclaré. J’espère qu’une voie sera trouvée pour que ce dialogue puisse prendre place». A la clé : 20 à 30 millions d’euros d’économies et la préservation de plus de 4000 emplois.

Source : Le Figaro, Economie