27 % des jeunes médecins souffrent de dépression

27,7% des étudiants et jeunes médecins souffrent de dépression, révèle une enquête coordonnée par 4 syndicats. 23,7% ont déjà eu des idées suicidaires.

« Près de 8 % des décès des médecins en activité seraient dus à un suicide », selon une étude de 2003 du Conseil National de l’Ordre des Médecins. Un chiffre deux fois plus élevé que la moyenne nationale. En 2016, une étude parue dans le JAMA trouvait 11,1% de risque suicidaire chez les étudiants en médecine et 27,2% de dépression. Alarmés par ces chiffres, 4 syndicats étudiants (ANEMF, ISNAR-IMG, ISNCCA et ISNI) ont lancé leur propre étude de la santé mentale des jeunes et futurs médecins français.

Réalisée auprès des externes, internes, chefs de clinique-assistants (CCA), assistants hospitalo-universitaires (AHU) et assistants spécialistes (AS), elle se concentre sur les jeunes soignants, de l’externat au clinicat (2 ans de plus que l’internat). Les 22.000 réponses au questionnaire mis en ligne en début d’année révèlent l’ampleur de leur mal être : 66,2% déclarent souffrir d’anxiété et 27,7% de dépression. Plus grave encore, 23,7% ont eu des idées suicidaires dont 5,8% dans le mois précédent l’enquête. « Nous constatons encore trop régulièrement des situations dramatiques : depuis novembre 2016, 5 internes se sont donnés la mort ! », alertent les syndicats dans un communiqué.

Epuisement professionnel et erreurs médicales
« Ces situations témoignent du malaise profond qui règne aujourd’hui chez une partie de nos confrères », continuent-ils. Les professionnels de la santé sont particulièrement touchés par la souffrance physique. « Cette atteinte psychique peut entraîner une maladie mentale et/ou physique et avoir des conséquences professionnelles et sociales ». L’exposition à ces situations de travail peut être responsable de l’apparition de troubles anxio-dépressifs, d’épuisement professionnel ou de burn-out. Chez des professionnels de la santé, les risques concernent donc non seulement la santé du médecin, mais aussi celle de ses patients… ces symptômes peuvent en effet entrainer « une diminution de la qualité des soins prodigués ainsi qu’une augmentation du risque d’erreurs médicales ».

Si 73,3% des répondants estiment avoir le soutien de leur pairs, ils ne sont que 49,3% à affirmer avoir le soutien de leurs supérieurs hiérarchiques, un chiffre qui grimpe à 61,5% parmi les internes. Ils sont également 10,8% à déclarer avoir subi des violences psychologiques et 33,5% à juger l’encadrement insuffisant. Les syndicats souhaitent notamment agir sur ces chiffres, en améliorant la formation, la prévention, et la prise en charge des jeunes médecins à risque. Ils proposent par exemple « la formation des managers pour un management bienveillant », ou le « respect de la réglementation du temps de travail et le respect du repos de sécurité », indispensable pour réduire la fatigue. Avec 54,7% des interrogés qui n’ont jamais vu de médecin du travail, il faut aussi « rendre la visite d’aptitude en service de santé au travail obligatoire et systématique pour tous les jeunes médecins à chaque changement de statut (externe, interne, assistant) ».

Source : sciencesetavenir.fr