10% des diabétiques courent un risque d’amputation

A l’occasion de la Journée nationale de la santé du pied le 8 juin 2017, la Fédération Française des Diabétiques et la Fédération Nationale des Podologues réclament une meilleure prise en charge du pied diabétique.

Le diabète est une pathologie chronique, qui peut engendrer de nombreuses complications quand il est mal pris en charge. En particulier, il peut provoquer une perte de sensibilité nerveuse dans les extrémités des membres (neuropathie). Ainsi, lorsqu’une lésion apparaît sous le pied, les diabétiques ne s’inquiètent pas forcément puisque celle-ci n’est pas douloureuse. Ils continuent donc à marcher normalement, sauf que pendant ce temps-là, les plaies peuvent s’aggraver. Ce n’est pas rare. Les chiffres sont même alarmants : 10% des personnes atteintes de diabète souffrent ou ont souffert d’une plaie chronique. En outre, il faut savoir qu’en France, ce sont plus de 20 000 patients atteints de diabète qui sont hospitalisés chaque année (BEH 2013) pour une plaie du pied. Parmi eux, près de 9 000 seront amputés. Les personnes les plus défavorisés socialement sont aussi celles qui sont le plus impactées : le risque d’hospitalisation pour plaie ou amputation est de 30 % supérieur chez les personnes diabétiques de bas niveau socio-économique.

Cercle vicieux. A l’occasion de la Journée nationale de la santé du pied le 8 juin, la Fédération Française des Diabétiques et la Fédération Nationale des Podologues, rappellent dans un communiqué de presse que les diabétiques souffrant de lésions du pied voient leur qualité de vie largement détériorée : la pratique d’une activité physique – qui fait partie intégrante du traitement du diabète au même titre que l’alimentation et les traitements médicamenteux – devient alors plus difficile. Or, sans cette pratique régulière, le diabète est moins bien pris en charge et d’autres complications viennent s’ajouter, détériorant encore un peu plus la qualité de vie.

Rembourser une consultation par an. Ces complications représentent par ailleurs un lourd budget pour l’Assurance maladie. Mais pour les limiter, c’est en amont, qu’il faut agir. Car, à l’origine d’une plaie infectée il y a le plus souvent une petite blessure (ampoule due au frottement d’une chaussure neuve, ongle mal taillé, durillon, etc.) qui aurait pu être évitée et surtout soignée à l’occasion d’une visite chez un podologue. Depuis 2008, l’Assurance maladie prend en charge un forfait podologique pour soins de prévention pour les patients de grades 2 et 3, avec respectivement 4 et 6 séances remboursées par an. C’est loin d’être suffisant, selon la Fédération Française des Diabétiques et la Fédération Nationale des Podologues. Aussi, à la veille des futures négociations conventionnelles entre l’Assurance maladie et les podologues, ils demandent aux autorités le remboursement d’une consultation de prévention par an pour toutes les personnes atteintes de diabète chez un podologue conventionné et le remboursement d’au moins 6 séances chez le podologue pour le grade 2, comme pour le grade 3.

Source sante.journaldesfemmes.com