10% des foyers paient 70% de l’impôt sur le revenu

L’essentiel de l’impôt sur le revenu repose aujourd’hui sur les classes aisées.

Sur les 37,4 millions de foyers fiscaux que comptait la France en 2015, il n’y en a que 17,1 millions, soit bien moins de la moitié, qui ont acquitté l’impôt sur le revenu (IR). Ce taux de 45,6% est le plus bas depuis 2009, au plus fort de la crise, où les recettes fiscales s’étaient effondrées. C’est le résultat des « gestes » du gouvernement ciblés vers les contribuables les plus modestes, du bas du barème, –décote puis suppression de la première tranche- qui ont amené à en faire « sortir » un bon nombre de l’impôt.

Cette concentration de l’IR est une spécificité française. En France, le seuil de déclenchement de l’impôt sur le revenu se situe au-dessus de 16.000 euros de revenus annuels pour un salarié célibataire, alors que, au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Suède, tous les contribuables sont soumis à l’impôt sur le revenu dès le 1er euro, par principe, même si leur écot est symbolique. D’autres pays pratiquent, comme la France, un seuil d’exonération mais beaucoup plus bas, 5.300€ au Danemark, 6.800€ en Belgique, 7.600€ en Allemagne… La concentration de l’IR français aboutit à ce que l’essentiel du fardeau repose sur les classes aisées: 10% des foyers fiscaux acquittent près de 70% de l’IR et même 1% des foyers (370.000 ménages) payent 30% du total.

Cependant, il ne faut pas oublier que tous les contribuables français paient un autre prélèvement sur le revenu: la CSG. Servant à financer une partie des dépenses de Sécurité sociale, la CSG, sans équivalent dans les autres pays, ponctionne 8% des revenus dès le 1er euro. La CSG est donc bien une autre sorte d’impôt sur le revenu (pas progressif mais forfaitaire), que tout le monde paie cette fois… et qui rapporte près de 95 milliards contre moins de 70 milliards pour l’IR.

Source : challenges.fr